BACKGROUND : A la recherche d'Alarielle

La Marche des Maîtres de Hoeth

Hathelrhîw enleva son heaume pour essuyer la sueur de son front. Ce ciel n’avait décidemment rien de normal. Un coup d’œil lancé sur ce qui était devenu un champ de bataille révéla le carnage qu’avaient réalisé ses fiers guerriers. Ils avaient déjà affronté des Sanguinaires avant, mais ceux-là avaient comme une autre énergie, une rage qui ne semblait jamais s’éteindre, et que le Maître d’épée n’avait pas rencontrée auparavant.

Il essuya sa lame encore maculée de sang encore fumant avant de la remettre dans son fourreau.

- La souillure a été purifiée. Il se mit à prier : Peut-être cela nous permettra-t-il de nous rapprocher de notre Reine perdue.

Comme à son habitude, Aerthu fût celui qui brisa la morosité de la scène. Il secoua sa chevelure orangée, ce qui laissait toujours une impression d’embrasement. Le vent vint rafraichir sa nuque en sueur. Il posa sa main sur l’épaule de son chef et ami, un grand sourire aux lèvres. Lui aussi aimait la frénésie des combats, les lames qui s’entrechoquaient, il aimait voir le visage de ses ennemis, lorsque, pris de peur, ils se rendaient compte que flèches et arbalètes ne fonctionneraient pas sur eux. Tout en enfonçant sa bannière dans le sol, Aerthu sourit en déclarant :

- Hathelrhîw mon ami, cesse de te lamenter. Nous la retrouverons bien un jour ! Pourquoi crois-tu que nous nous soyons retrouvés en ce monde alors que bien de nos camarades, d’autres de nos Ost étincelants n’ont pas suivi notre chemin ?

Depuis leur arrivée dans les Royaumes Mortels, Hathelrhîw et ses Maîtres d’épée de Hoeth s’étaient rendu compte que ce que l’on appelle ici le « Monde qui Fût » ne semblait plus exister depuis des eons. Bien de ses camarades n’avaient pas été retrouvés, bien des régiments furent perdus dans le Néant. Il se mit à nouveau à sombrer dans une mélancolie en pensant aux Tours Blanches de la cité d’Avelorn dont ils étaient les fiers protecteurs. Ils avaient l’honneur de compter parmi les plus fiers guerriers que pouvaient connaître Ulthuan en son temps, mais ils bénéficiaient aussi de l’immense honneur de faire partie de l’Ost personnel de la grande Reine Alarielle.

Ils avaient traversé le maelstrom et de nombreuses tempêtes avant de se retrouver ici. En Ghyran. Le Royaume de la Vie avaient-ils entendu dire. Ils avaient entendu parler du Dieu Sigmar, et de ses Osts de tonnerre. Ils avaient entendu parler des guerres qui avaient lieu et que les forces de Sigmar menaient afin d’empêcher le Chaos de dominer. Il se souvenait de la beauté d’Ulthuan, son ancien continent. Il se rappelait alors les Tours Blanches, garantes du savoir des Hauts Elfes. Peut-être que son frère Elricth avait survécu. Elricth avait étudié la magie à Saphery et y avait acquis le titre de Maître du Savoir.

- Ce soir, nous célébrons notre victoire mon ami ! Aerthu s’exclamait souvent ainsi, pour haranguer les troupes et redonner du courage. C’était le rôle du porteur de la bannière après tout. Il reprit : Regarde un peu ces terres ! Elles sont belles, malgré l’Hiver qui semble s’étendre

de bien étrange manière, ces fleurs roses sont aussi belles que celles que l’on trouvait chez nous, en Avelorn. Réjouis-toi mon ami.

Aerthu avait raison pensa-t-il.

- Rymhelch, ordonna-t-il, sonne de ton cor ! Et célébrons cette victoire sur cette terrible engeance !

Sans un mot, le musicien s’exécuta. Le paysage hivernal fût soudain transformé en une immense voute accueillant le son chaleureux et victorieux du Cor. Rymhelch rompit la froide monotonie des terres où ils se trouvaient. Les terres givrées et parsemés de fleurs roses avaient en effet cette froideur accueillante que Hathelrhîw trouvait chaleureuse. Les trois amis se regardaient, pendant que le reste de leur troupe essuyaient leurs grandes épées, achevaient certaines horreurs du chaos à terre et agonisant. Au son du cor, certains remirent leur heaume avec une fierté non dissimulée.

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Non loin de là, à l’orée d’une forêt, quelque chose se délectait de cette scène de fin de bataille. Quelque chose s’enorgueillissait de la moisson à venir. Ils avaient observés la bataille depuis leur territoire, prêts à défendre leur clairière. Des esprits en colère disparurent alors, pour faire leur rapport à leur seigneur. Des muscles se détendirent alors, replaçant leurs flèches là où elles étaient apparues par magie. Un vent souffla dans les branches de la forêt, ce qui fit une mélodie que Rymhelch perçut comme une réponse à son cor. « Pas maintenant » cela semblait-il souffler.

- Il y a quelque chose là-bas, déclara Rymhelch.

Il pointa son doigt en direction de la forêt. Ses feuilles avaient une couleur étrange. Ils semblaient être dans un hiver qui ne ressemblait pas à celui qu’ils connaissaient en Ulthuan. Le sol n’était pas enneigé mais parsemé de plaques de givre çà et là. Ces plaques semblaient de plus en plus solides et étendues à mesure que l’on approchait de la forêt. Des fleurs poussaient malgré la saison, de magnifiques fleurs aux pétales roses. Elles avaient eu le don de rendre les Maîtres d’épées de Hoeth mélancoliques. Les arbres de la forêt étaient particulièrement imposants, leurs troncs noueux semblaient témoigner de leur âge vénérable. La canopée qui se dessinait au-dessus de leurs têtes était d’un bleu pur, quasiment spectral.

- Pas de pause pour les guerriers de Hoeth ! En avant ! Ordonna Hathelrhîw.

Dans le « Monde qui Fût » ils avaient été les guerriers du Dieu Hoeth, le Dieu du Savoir chez les Hauts-Elfes. Hathelrhîw et son frère avaient donc eu pour crédo de découvrir ce qui se cachait derrière chaque mystère. Aerthu reprit sa bannière fièrement et relaya les ordres. La phalange se mit alors en mouvement comme d’un seul homme. Allons explorer cette clairière, et faites qu’elle puisse nous rapprocher un peu plus d’Alarielle. Les pensées et les prières de Hathelrhîw lui donnaient de l’espoir.

Nous la retrouverons.

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Réponses

  • Très belle écriture, vite la suite.
  • vraiment sympa , j'avais vu sur FB ;)
  • 8 avril modifié
    Les Yeux de la Forêt

    La canopée avait un aspect mystique qui faisait penser aux forêts de leurs anciens cousins sylvains. La phalange s’était déjà avancé depuis des heures qui semblaient longues comme des jours et en même temps, ils semblaient encore tout juste ressortis de leur combat contre les démons. Le temps ne semblait pas avoir de prise ici. La forêt était figée dans ce qui ressemblait à un hiver éternel que rien, pas même le soleil au zénith de Ghyran ne semblait pouvoir réchauffer ou faire fondre.
    Hathelrhîw se retournait plusieurs fois. Il était préoccupé par un sentiment de ne pas être en sécurité au milieu de cette paix. Des yeux. C’était cela. Des yeux. Il se sentait comme observé. Par moments, il croyait apercevoir des silhouettes se fondre avec la canopée, tels des spectres qui disparaissaient aussitôt, à d’autres moments, il pensait voir des branches se mouvoir avec grâce et réaliser des moulinets avec ce qui ressemblait à des feuilles taillées en pointes.
    Il fit signe à la phalange de s’arrêter en levant son poing gauche. Sans même s’en rendre compte, sa paume droite caressait déjà le pommeau de sa noble lame. Cette grande épée, forgée par ses pairs sous la tour blanche, aussi grande que lui mais aussi équilibrée que son pas. Il sentait la magie qui imprégnait sa lame affluer contre sa paume, tel un contact électrique rassurant. Il n’était plus seulement le chef fier et fiable de son unité, il était aussi un véritable traqueur. Son regard parcourait maintenant chaque bosquet, s’attardait sur chaque feuillage, s’élevait dans la canopée cristalline et bleutée. Il voyait le vent souffler dans chaque branche, et les feuilles remuer au grès de mouvements qu’aucun autre n’aurait pu déceler.
    Aerthu posa une main ferme et rassurante sur l’épaule de son capitaine :
    - Il n’y a rien ici mon ami.
    - Je suis certain d’avoir senti des mouvements ailleurs que provenant de ces feuillages. Cette forêt a quelque chose d’hypnotisant et de captivant. Elle semble vivante, mais pas comme une forêt l’est, pas non plus comme les forêts d’Avelorn. On dirait que cette forêt nous accompagne.
    L’emphase prit Aerthu de court. Il devait bien admettre que cette forêt n’était pas comme les autres. Rymhelch entonna un hymne pour encourager la phalange à reprendre la marche. L’hymne s’appelait Ceux qui se battent. Cet hymne était devenu celui de la phalange, Rymhelch en était le compositeur. Chaque fois qu’il sentait le doute parmi ses compagnons, il prenait son cor, se levait pour chercher un promontoire, toute surface le surélevant au milieu de la phalange et entonnait les notes saccadées qui accompagnerait les fiers guerriers pour quelques pas supplémentaires, quelques heures, ou quelques jours de marches.
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    Soudain le tranchant d’une feuille vint s’abattre sur l’un des guerriers. La charge silencieuse fut parée de justesse par les réflexes instinctifs de celui qui portait un heaume différent. Ithilceleb. Il éxecuta une parade de dos qui créa une ouverture sur son flanc. La feuille ne loupa pas cette ouverture et vint se planter dans les côtes d’Ithilceleb, contraint de plier le genou.
    Cette attaque soudaine mit en branle le calme apparent de la forêt et les Maîtres d’épées de Hoeth s’organisèrent.
    - Ce ne sont pas des feuilles, s’exclama Ithilceleb avec le peu de forces qui lui restait. Ce sont des lames !
    - Elles doivent faire deux fois les nôtres ! Acquiesça Hathelrhîw en élevant la voix.
    Il n’avait pas besoin de donner d’ordres, chacun connaissait sa place, et un carré se forma rapidement autour de la victime. Rymhelch entonna l’hymne une seconde fois, il savait qu’une telle initiative permettrait aux épées enchantées de se frayer un chemin plus rapide dans…
    - Du bois !!! Hurla un des guerriers, pris dans une danse effrénée avec un être deux fois plus haut que lui.
    Il était imprégné d’une aura de magie en son cœur, et arborait des arabesques tortueuses et détaillées. Son visage semblait fait d’écorce brute, on eut dit une armure naturelle. A y regarder de plus près, on pouvait apercevoir des membres bleutés comme la canopée, engoncés dans cette écorce qu’il faudrait bien trancher. Le guerrier reprit :
    - On frappe du bois ! C’est vivant ! Ces choses sont vivantes.
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  • 8 avril modifié
    Un mot tonna dans les esprits des aelfes : Kurnoths. Tous l’avaient entendu. Ce mot avait grondé en chacun d’entre eux, comme une colère froide qui s’abattait à mesure que taillaient les épées géantes, spectrales et silencieuses. Ils n’étaient que trois. Ces trois géants avaient réussi à rendre parades et bottes inoffensives. Une dizaine de guerriers avaient été mis à terre par ces géants de bois.
    Les lames continuèrent de s’entrechoquer, suivant un rythme et une mélodie guidée par Rymhelch qui dut prendre les armes et se battre à coté de ses frères d’armes. Le vent fut à ce moment-là le seul bruit qui vint déranger le bruit du choc des lames dans la forêt. Aerthu se battait avec sa bannière, repoussant l’une des trois silhouettes vers d’autres de ses camarades qui ripostaient aux attaques. Ils rendaient coups pour coups, déséquilibraient les cibles géantes, feintaient pour forcer à la faute.
    L’un des trois Kurnoths commit bientôt une de ces fautes. Il était parvenu à dévier la lame de l’un des guerriers, mais dans son mouvement, avait tourné le dos à Aerthu qui ne se fit pas prier pour envoyer au sol le géant de bois, une bannière plantée dans son cœur, qui perdait peu à peu de sa lueur verte. Lorsqu’il reprit sa garde, après avoir ressorti son arme du cœur éteint. Il vit l’un des autres arbres se tourner vers lui. Cette chose le fixait maintenant. Elle était stoïque, resserrait sa prise sur la garde son épée. Ses muscles noueux se tendaient et la lueur verte autour de ce qui ressemblait à des orbites se fit plus intense. La lame s’abaissa légèrement comme en signe d’invitation à frapper.
    Puis, elle se mit en chasse, traversant les quelques mètres qui la séparait de l’aelfe qui ne pourrait probablement rien faire pour éviter ou dévier une telle charge. La lame tendue au-dessus du sol, de manière parfaitement parallèle frappa tout corps étranger en une parfaite rotation. Aerthu fut contraint de lâcher sa bannière et de plonger sous la lame, avant de rouler quelques mètres derrière le géant. Celui-ci se retourna, et continuait de faire danser sa lame, qu’il brandissait au-dessus de sa tête, prête à s’abattre pour fendre l’aelfe en deux.
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    Le Kurnoth fut surpris de voir son épée stoppée par une autre lame qu’il n’avait pas vue.
    Hathelrhîw se tenait là. Il tenait son épée à une main, tendue en parade de quinte, qu’il parvenait à maintenir malgré la force du géant. De l’autre il aidait son camarade à se relever. C’était tout le royaume de Ghyran qui s’éveillait. Les guerriers semblaient retrouver une certaine vigueur. Ils retrouvaient un peu de leurs forces ou parvenaient à récupérer leur esprit. Hathelrhîw vit effectivement que certaines coupures qui venaient d’être taillées se refermaient.
    Les yeux du Kurnoth brillaient d’une intensité toute nouvelle. Il en allait probablement de même pour ces choses. Hathelrhîw exécuta quelques moulinets autour de lui puis se mit en garde. Il avait une idée. Le Kurnoth reprit sa pose stoïque, l’épée tendue devant lui, légèrement penchée dans les airs. Les mains noueuses resserraient à nouveau leur prise sur la garde et il se mit de côté, les semblants de jambes écartées, fichées dans le sol. Des branches sortirent du sol et vinrent entourer celles-ci. Il semblait littéralement enraciné.
    Le prochain assaut serait décisif.
    C’est Hathelrîw qui décida de prendre l’initiative et bondit droit vers sa cible. En un mouvement à peine perceptible, il prit son épée dans l’autre main et utilisa sa main droite pour s’accrocher à une branche afin de s’élever dans les airs. Cette manœuvre prit le Kurnoth au dépourvu, il n’avait pas anticipé une attaque venue des airs vu sa taille gigantesque comparée à celle des aelfes. Hathelrîw était maintenant au-dessus de sa cible, prêt à lui retomber dessus, l’épée tendue droit vers le visage sombre du Kurnoth. Celui-ci eut à peine le temps d’esquiver la pointe de la lame en pivotant vers la gauche que cette dernière vint cogner le torse du géant du plat de l’arme enchantée avant de l’érafler sur toute la hauteur de son buste, jusqu’à sa jambe en appui.
    Le géant de bois s’écroula en un fracas assourdissant qui eut pour effet de réveiller toutes créatures de la forêt, une nuée de frémifuries s’envola à cet instant en un battement d’ailes frénétiques. Lorsque le calme revint, le géant était hors d’état de se battre mais semblait encore vivre. Silencieusement, le Capitaine s’approcha de sa victime encore au sol. Il pointa le bout de sa lame juste sous le menton fait d’écorce, à l’endroit où le géant semblait fait de substance bleutée, comme des muscles.
    Il savait qu’en tranchant ici, c’en serait fini de l’arbre.
    - Qui es-tu, Kurnoth ?
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  • vraiment bien cool ce récit de bataille. En passant sur un média youtube tu tiens un vidéo CR narratif :)
  • Disons que c'est plutôt l'inverse qui se passe dans ma tête. J'ai une idée de la trame narrative et de certains chapitres que j'ai envie de raconter. Je vois aussi certains personnages que j'ai envie de présenter, certaines particularités de mon armée Sylvaneth que je veux exploiter.

    Ensuite, je met en scène pour prendre les photos (les démons de Khorne c'était comme ça), j'ai en revanche en effet joué la partie avec les Kurnoths puis le duel de sorciers.

    Je suis pas sûr d'avoir l'équipement, le talent encore moins pour pousser un tel projet comme ça!!! J'aurais peur de faire un boulot pas très propre... Pour le moment, le format nouvelle avec quelques photos me convient parfaitement ^^
  • et c'est bien le principal si tu es satisfait :)
    A voir si ton périple t'emmène loin dans des terres glacées , car j'ai toutes les références Ogors prêt à passer un casting pour la prochaine saison de la série " A la recherche d'Alarielle".
  • L’apprenti

    - Réveille-toi, apprenti.
    L’ordre avait tonné dans sa tête, une simple pensée transmise d’une entité à une autre. C’est comme cela qu’ils communiquaient entre eux. Par la simple pensée, mais leurs connections étaient autre. Il avait fini par accepter le fait que ces Êtres avaient de nombreuses choses à enseigner, même au plus puissant des Archimages qu’il n’ait jamais connu.
    Il devait y avoir quelque chose d’autre. C’est comme s’ils ne faisaient qu’un et étaient plusieurs. Leur mode de communication était à la fois silencieux et en même temps grondait comme un coup de tonnerre noueux. Ce matin il avait eu l’impression que l’ordre avait était martelé directement sur les neurones de sa patience et de sa volonté. Il se leva tant bien que mal et commença sa préparation. La journée sera longue, il le savait.
    Il ne comprenait pas encore ce dont il était témoin depuis qu’il avait atterri ici. Il avait vu certains de leurs guerriers voyager à travers les sentiers spirituels, leurs musicien entamaient des Odes et Litanies qui permettaient de se déplacer sur des distances qui auraient pu prendre des jours aux phalanges les mieux organisées. Il avait été témoin de la forêt qui se répandait sur les champs les moins fertiles de ce Royaume, avant de se muer en une horde de branches griffant et éviscérant tout sur son passage. Autrefois, il aurait pensé avoir vu ces créatures que ses lointains cousins Sylvains considéraient comme alliés… Des lémures, si je ne me trompe pas. D’autres fois encore, il avait cru apercevoir cette même forêt sortir flèches et arcs magiques. Le même réflexe le prenait, étaient-ce là les arcs des Demoiselles Gardiennes chères à son cœur ? Il avait secoué la tête par incrédulité à chaque fois, et à chaque fois, le même mouvement de recul face à ces silhouettes musclées et noueuses qui le sondaient avec leurs yeux absents.
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    Peut-être le verrait-il aujourd’hui. Elles lui avaient parlé de son âge vénérable, de son expérience, de ses vies, enracinées dans les pensées de chacun et dans les cœurs de chacun dans cette clairière. Un coup d’œil à travers la canopée ne révélait pas encore les premières lueurs du matin. Ce sera donc le corps et l’esprit aujourd’hui. Il savait que ces exercices seraient compliqués et nécessiteraient une harmonie parfaite entre le corps et l’esprit. Les seules lueurs étaient celles provenant de la forêt elle-même, cette teinte dans les feuilles, qui semblait se refléter sur le sol, gelé et fleuri en même temps, froid mais pourtant chaleureux.
    Intérieurement le fier Maître du Savoir de Hœth ne comprenait pas pourquoi il semblait si inexpérimenté. Il avait reçu son titre de Maître du Savoir à la Tour Blanche et pourtant, ici, il semblait novice. On semblait donner le nom de « Ghyran » pour définir ce Royaume. Il avait cru comprendre qu’ils le considéraient comme le Royaume de la Vie. La beauté froide et apaisante lui rappelait effectivement les plus belles forêts qu’il avait connu chez lui, à Avelorn, peut-être même plus beau encore que tout Ulthuan.
    Faemaethor et Faeluith avançaient déjà, bien résolues à accompagner l’Aelfe dans sa quête de compréhension et la recherche de ses pouvoirs perdus. Il avait créé un lien avec elles, peu à peu, il sentait à nouveau les flux qu’ils avait bien connus parcourir les membres de son corps. Il sentait qu’il parvenait de mieux en mieux à canaliser les vents de magie. Il avait appris qu’il devait invoquer les vents de Hysh s’il souhaitait parvenir à canaliser ses pouvoirs correctement. Faeluith l’aidait dans cette partie-là de ses études. Elle maîtrisait de nombreux sorts et semblait pouvoir faire pousser et croître des forêts complètes. Il avait vu ce genre de prodige réalisé par toutes les entités semblant pouvoir canaliser ces fameux Vents. Il tentait de se concentrer et de se focaliser sur sa propre volonté. Les gestes instinctifs lui revenaient au fur et à mesure que les séances avançaient. Ses doigts avaient déjà repris leur position habituelle, les mouvements devenaient plus fluides et plus naturels. Son index et son auriculaire étaient tendus, le pouce replié sur son majeur et annulaire. Le signe fit crépiter une faible lueur blanche dans la main du Maître.
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    L’aura était présente, très faiblement, mais bien présente. Le visage de Faeluith semblait arborer un sourire. S’il était possible que de l’écorce puisse arborer quoi que ce soit sur un… visage…
    - Bien, approuva-t-elle d’un ton égal. Maintenant, canalise cette aura pour qu’elle accomplisse tes ordres.
    Faemaethor se tenait près du bosquet où il s’exerçait, attendant son tour, jouant avec ses griffes en une danse gracieuse. Elle observait la scène chaque jour, espérant pouvoir faire danser ses griffes avec lui un jour. La patience était une véritable force chez ces créatures, et Faeluith s’était avérée être une préceptrice de qualité, pour quelqu’un n’ayant jamais canalisé les Vents de ce qu’elles appelaient le « Monde qui Fût ».
    Il ferma les yeux, suivant les conseils avisés de celle qu’il considérait avec le plus grand respect. Il visualisa sa volonté. Hennia angol. Un grand serpent nimbé de lumière. Une Reine. Hennia angol. Ses yeux se mirent à luire d’une aura rose pâle. Le serpent commençait à se mouvoir. Hennia angol ar... Une Reine sur un insecte géant. La lumière émanant de ses yeux se faisait de plus en plus vive. Hennia angol ar ihuig… L’incantation revenait. Il ouvrit la bouche et les mots de l’incantation se mirent à sortir tout seul, instinctivement :
    - Hennia angol ar ihuig ial!
    Les cheveux d’Elricth semblaient se relever tel des flammes froides, l’aura blanche entourait le corps du Maître du Savoir, crépitant autour de lui, ses yeux avaient clairement pris une teinte qui révélait la puissance jusque-là perdue. Il semblait en pleine maîtrise de son art.
    Faeluith recula de quelques pas, laissant les griffes de Faemaethor prendre la place. D’un simple geste, des pousses semblaient ressortir du sol givré. Ces pousses devinrent branches. Ces branches devinrent humanoïdes. Ces humanoïdes se mirent en mouvement. Des yeux vides le fixaient maintenant. Elles étaient dix autour de Faemaethor.
    Un coup de marteau tonna dans les pensées d’Elricth.
    - Maintenant, essaye de me toucher, soldat.
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    D’autres yeux semblaient observer cette scène avec attention. Bientôt
  • Je dois encore tout lire, mais bravo pour la démarche! :)
  • En espérant que ça te plaise :)
    Je suis preneur de conseils si vous avez!!!
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